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slam
"SLAM ta CITE " , travaux d'ecriture de jeunes du Chap
Acadéslamicien
Je préfère la culture
De la rime et du slam
A celle des voitures
Brûlées sur le macadam
Je préfère la culture
De la rime et du slam
A celle du cannabis
Des dealeurs de bénéfice
On s'amuse comme des fous
C'est une histoire de fous
On avale le dico
Afin de trouver les mots
Ceux qui enchanteront
Les bourgeois et les vieux
Les flics et les matons
De notre foutue banlieue
Pantalons ou jupons
Lâcher le ceinturon
J'aime qu'elles soient féminines
Comme dans les magazines
Ce sont nos fées,
Elles apportent le rêve
Briser, piller, casser,
A la cité qui crève.
A présent, soixante-dix ans,
J'enfile mon nouveau corps
Cousu de fil d'or
J'ai parcouru un long chemin
Regardez-moi, maman
Ce que je suis, maintenant :
Je suis un académicien !
***
Alors René, tu cales
T'as une feuille double, Rachid
Non, j'ai d-l'huile d'arachide
Vas-y, j'roule un spliff de weed
Ca m'insufflera le rythme
Quand j'étais petit je lisais trop, mon gars
J'ai appris de ces mots…
C'est eux qui me poussent à retrouver la rime
La rime qui commet des crimes
Comme un morceau de Lil'Kim
De quoi rendre jaloux Mesrine
J'ai un cerveau qui marche avec des thèmes
Et un cœur qui dit des "je t'aime".
***
Dis moi que faire
Lorsque je vois mes frères
Assis là à ne rien faire
Toujours dans la même galère, la même misère
La vie de moi, je suis sincère
Ici c'est la guerre
Entre les femmes et le commissaire
Les flics, à coups de revers,
Jouent les sévères
Rien que leurs fausses manières me véner
Ecoute keuf, fais tes prières
Car tu vas finir six pieds sous terre
Histoire de venger tous nos frères
Que vous avez effacés de cette terre
Et une pensée à leurs mères
Leurs mères qui ont souffert
Du jour où elle les ont mis au monde
Jusqu'au jour où elles vont poser une fleur sur leur tombe
Car dans ce monde immonde
Seul Dieu connaît le jour où tu succombes
Seul Dieu connaît le jour où l'on succombe.
***
J'suis pas un homme, un bonhomme
Pourtant j'arrive à m'en sortir,
A garder le sourire
Pour les copines, les frangines,
Pour la mi-fa et la mamma
J'veux m'en sortir pour sortir du lot
Garder la tête haute
Et stop aux ragots
Un jour j'habiterai en pavillon
J'observerai les papillons
J'ai plus la tête en l'air
Finis les plans galères
En attendant ça reste un rêve
Pour moi y'a pas de trêve
En attendant je trime
Je frime pas, y'a vraiment pas de quoi
Et y'a ces gens qui me regardent de travers,
Mais ce soir je suis sur les nerfs
Baisse les yeux, moi j'vois pas la vie en bleu…
***
Je suis parti à Châtelet
J'ai vu la meuf à Didier
Elle m'a dit t'as pas de l'oseille …
***
Je vais vous dire en quelques mots
La tragédie de tous mes maux
D'un amour fécond j'ai émergé du noir
Pour ouvrir les yeux
Dans la lumière du désespoir
On dira : encore un qui broie du noir
Je dis pas qu'on mène une vie de bâtard
Mais je considère
Que le transfert du fœtus à la terre
Est un transfert
D'une prison d'amour à une prison de verre
Dans un système en fer…
Considérés comme des moutons,
Notre journée nous la bravons…
***
Quinze ans et déjà l'anxiété d'une maman
Quelque chose dans mon ventre
Qui fait de moi une militante, une battante
Dans mon ventre,
Cette même chose qui m'donne envie d'abdiquer
De tout arrêter
Un mal pesant, présent ou omniprésent
Qui succède à tous mes rires et précède toutes mes larmes
Contre la vie, j'ai mon sourire comme seule arme
Et cet amour en guise de force,
Pas forcément destiné à quelqu'un ni à quelque chose
Mais là, en moi, présent, qui fait que
Quand j'ai mal, j'ai mal pour tous ceux qui souffrent
Quand j'aime, j'ai de l'amour fou pour ceux qui en manquent.
On me demande pourquoi je m'habille si souvent en noir,
Mais je suis en deuil permanent
Pour tous ceux qui vivent sans amour : morts vivants
Et pour tous ceux qui, à cause de la haine,
Sont partis, partent et partiront les pieds devant.
Je parle de force parce que, comme pour beaucoup,
Ma douleur reste interne et mes larmes secrètes.
On dit aussi que les plus grandes douleurs sont muettes.
J'aurais pu renier mes douleurs et mes larmes,
Mais ce serait renier mon amour !
J'aurais pu abandonner mon sourire et laisser voir mes larmes,
Mais ce serait abandonner ma lutte pour cet amour !
Et me considérant mature j'assume la nature,
Vis, pleure, ris, aime, me bas contre la haine
C'est toutes ces choses qui font de moi une femme,
Je suis née, je suis, je vis et je mourrai femme
Ainsi j'encourage tous les hommes à respecter ça,
Et toutes les femmes à faire comme moi – aimer…
C'était une pensée de ma tête et un message de mon cœur
Une sorte d'encouragement, toujours sans haine ni rancœur.
***
***
Vous les hommes je vous en veux
D'inciter derrière mon dos à la guerre,
La haine, les coups bas
Pour des idées qui n'en sont pas !
Par orgueil, par désarroi, par bêtise
Et par envie de gagner sur une vie !
Vous ne vous en sortirez pas
Sans nous et puis sans nos voix
Regardez donc bien plus bas et vous verrez,
Gisent ces corps que des mères attendent encore
Pour leur donner sépulture !
Vous les hommes je vous en veux
D'être assez lâches à ce jeu
Jeu de chat et de souris
Debout, tenant un fusil
Je ne nomme pas cela le courage,
Mais une lâcheté d'un autre âge !
Regardez bien ces enfants
Dans leurs yeux il y a la peur
De se voir grandir dans l'horreur
Avant qu'il ne soit trop tard
Crions notre désespoir
Déposez vite à nos pieds
Armes, orgueil et boucliers
Et alors à ce moment, nous vous estimerons vraiment !
***
J'ai tendance à me poser trop de questions
Du moment où j'me lève au moment où j'me couche
Ca commence par des futilités
Savoir comment je vais m'saper
Après avoir enfilé un jeans trop serré, c'est mon chauffeur qu'j'entends
Djamel klaxonnant
Me coupant dans l'inutilité de mes pensées
Pour aller à notre putain d'université
Entre une embrouille avec une pute thaïlandaise (J'me demande comment j'vais bien pouvoir l'obliger à mettre mon nom sur le dossier d'info)
Et un échange de regards avec une rebeu bien foutue (J'me demande comment j'vais bien pouvoir la convaincre de me confier sa libido)
On respecte scrupuleusement la monotonie quotidienne
On est déjà sur le chemin du retour
Et au détour de mes réflexions
J'en viens à m'demander à quel putain de poste
Rachid Yacoub va bien pouvoir me faire jouer
Puis j'me dis que comme d'habitude je vais payer de mes reins
L'addition que vont me laisser
Les joueurs techniquement les plus démunis
Manquerait plus qu'je tombe amoureux d'une meuf qui a déjà un mec
Ca complèterait la liste des choses stressantes
Qui rendent ma vie intéressante
A la fin de la journée j'en arrive toujours à la même conclusion
Et j'me demande ce que je vais devenir sans vraiment savoir c'que j'suis
Et que finalement j'les kiffe
Toutes les futilités qui font mes journées !
***
Que fait-on de nos vies ?
Triste constat !
On s'tape, on se tue
Les reufs se perdent
Comme des balles tombent dans le péché
Agissent pour le mal, ouais
Ils peuvent plus s'en empêcher.
Hélas c'est la tristesse qui s'installe dans ton foyer
Voyez à quel point dans le vice vous vous êtes noyés
Un seul conseil l'ami, ouais
La prison faut pas qu't'y passes
Faut que tu te surpasses.
Pensez à nos mères, elles sont lassées
Assez de voir leur fiston en prison placé…
***
Je voudrais faire des rimes avec des books d'Akim
Je voudrais dire un dream avec des rires sans crimes
Mais ce qui se passe, me glace et me fâche
C'est le spectacle sans relâche d'inhumaines crevasses
La violence déchaînée des cités délaissées
La violence dessinée sur les chaînes des télés
Le grand show incessant de l'insécurité
Entre la météo, le sport et la publicité
(Tiens, bientôt à Noël, on s'offrira des caméras de surveillance)
Et elle monte la peur, mère de la colère,
La fille de l'erreur fait oublier nos frères
Nous sommes tous humains, quelle contradiction
Nés d'un même destin – de compréhension
Et pourquoi se haïr, s'effrayer et se fuir
Et pourquoi éviter d'inviter des voisins à venir
Ce qui nuit, c'est sûr, ce souci en nous
Ce déni qui ranime des ennemis partout
C'est la peur de l'autre, réflexe assassin
C'est la peur de l'autre, pas l'amour du prochain
C'est la peur de l'autre, réflexe assassin
C'est la peur de l'autre, pas l'amour du prochain.
***
Que faire dans cette putain de société
Avec les amalgames reprochés à nos refré ?
***
Pourquoi nos mères pleurent ?
Comment sont-elles épuisées par la douleur,
Provoquées par la perte d'un de nos frères et sœurs
Ou bien par leur situation qui n'est souvent qu'un leurre,
Préférant procéder de manière illicite,
Nos refrè ignorent qu'ils s'éloignent de la réussite
Puisqu'honnêteté et responsabilité sont les vertus qu'elle suscite
Pourquoi ressentent-elles cette sensation de peur,
Provoquée par l'état, cet agresseur,
Qui pense par tous les moyens enfermer nos refrés,
Afin de soulager cette France peuplée d'étrangers,
Comment nos frères affrontent la galère ?
Certains poursuivent les études, taffent,
Font plaisir à leur mère,
D'autres jouent les gangsters,
Provoquent chez leurs proches attristés par la misère
Un sentiment de colère
Laisse-les dans leur délire et garde les pieds sur terre !
Face à ces chefs d'état pervers
Qui savent que de l'argent, il faut t'en extraire
Ou contre des contrôles abusifs d'origine policière
Qui croient que l'avenir, tu n'en as guère
Prends toi en main et prouve à ta mère
Que ta vie n'est pas faite que d'illusions
Que Dieu te garde et te protège de la prison
Car dans ce pays la différence est synonyme d'oppression
Regarde devant toi, poursuis ta mission
Las !
Si de ma sincérité vous doutez
Sachez que mon quartier, le Chap, je viens représenter
Alliant classe et dextérité
J'accorde mon phrasé afin de me laver,
Moi avec mes frères,
Victimes de la misère,
De toutes les responsabilités concernant cette délinquance,
Celle développée depuis notre enfance
Car seul est responsable l'Etat, et ses manigances
De tous les drames, pleurs et carences
Que connaissent les ghettos de France
Ceux dans lesquels vous nous avez enfermés
Afin de mieux nous maîtriser
Car pour vous seuls est là notre avenir
Nous voir ainsi souffrir est votre plaisir.
Ce message est dédié à tous mes associés
Bons ou mauvais
Qui savent qu'avec les difficultés nous sommes nés
Mais que le ghetto ne peut pas nous y condamner
Seule la volonté de s'en sortir peut subsister.
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